Avant toutes choses, Lilian Bourgeat joue. Il se joue du spectateur,
du collectionneur, de la structure qui l'accueille... et parfois même
de sa propre personne. Chacune de ses oeuvres répond à
une règle qu'il nomme « le trio essentiel » : dispositif
- processus d'installation - spectateur/acteur.
Lilian Bourgeat invente de nouveaux objets : « je le fais parce
que ça n'a jamais été fait ». Il crée
des tensions entre la fabuleuse énergie déployée
à les réaliser et la désuétude de leur finalité.
Il se sert du jeu qui fait partie de la mémoire collective et
apprécie l'idée d'un dispositif regroupant un maximum
de personnes (amateurs d'art ou non) autour d’une même action.
Cet artiste raisonne par suite d'idées sous cette forme : une
idée/une œuvre.
L'élément commun de ses oeuvres demeure cet éternel
esprit ludique. Il joue toujours et nous invite parfois à en
faire autant. Il n'impose rien. Il propose simplement un dispositif
et considère que dès sa présentation publique,
celui-ci lui échappe totalement.
Par la poésie de ses actions ou de ses dispositifs, Lilian Bourgeat
met brutalement le spectateur face à sa lointaine insouciance.
Ses oeuvres sont chargées de la tendresse que nous inspire le
regard émerveillé mais fier d'un enfant-inventeur.