“Ce qui rend étonnantes et singulières les sculptures
de Delphine Coindet, c’est leur qualité de surface. On
ne trouvera pas là de recherches sur les qualités intrinsèques
des matériaux, leur masse ou leur densité. Coindet semble,
au contraire, préoccupée par la légèreté,
l’artifice et le factice : les matériaux qu’elle
utilisent sont issues d’un logiciel informatique ; certaines sculptures
ont de surcroît un air apprêté, comme si elles s’étaient
soigneusement préparées à la représentation.”
Elisabeth Wetterwald, Art press n°313, juin 2005
Artifices, simulacres et paradoxes sont les termes récurrents
à bien des aspects des sculptures de Delphine Coindet. Un de
ces paradoxes consisterait à articuler une pratique axée
sur la fabrication d’objets sensibles et tangibles, tout en insistant
constamment sur la dématérialisation des éléments
constitutifs de la sculpture traditionnelle. Ainsi, ses objets sont
composés de surfaces synthétiques et trompe-l’œil
propices aux effets de miroitements, réflexion et autres jeux
de lumière quand leur structure formelle se définit essentiellement
en terme d’inclinaison, équilibre précaire, suspension,
dispersion aléatoire et affaissement.
Ils déroutent ainsi par leur manière de s’inscrire
dans l’espace de façon subreptice et imprévisible,
presque comme par hasard ou par accident.