Anita Molinero



Le travail d’Anita Molinero est un travail de sculpture, donc un travail des formes avec un savoir des formes. Un savoir historique des formes, celui que l’on peut attendre de quelqu’un qui travaille en connaissance de cause, qui connaît Serra et Moore, Gonzalez et Smith, Baselitz et Deacon.

Ce travail est scandé de refus, il n’est même que refus mais il n’est pas négatif ; il a en fait la positivité du refus et de la protestation : refus de l’érection et du socle, refus du monumental, refus du talisman, de ses charmes, enchantements et de sa magie ; refus du décoratif, refus pour couronner le tout de la dignité du matériau. C’est probablement le dernier refus qui est le plus choquant.

Molinero utilise, comme beaucoup l’ont fait avant elle, des rebuts, des matériaux de décharge. Pas pour leur trouver ou leur donner la beauté de l’objet trouvé, pas pour les transfigurer en les sauvant mais en acceptant la brutalité, l’état brut de l’objet jeté, rejeté, abandonné : mousse de matelas sali, bouteilles de plastique, sacs poubelle en plastique, vieux containers.