Frédéric Pradeau transforme le Coca-Cola en alcool, traduit
les textes athéistes du marquis de sade en arabe (“Dialogue
entre un prêtre et un moribond”), organise des combats de
boxe dans une galerie d’art contemporain, monte un meuble Ikéa
les yeux bandés, file et tisse des moutons de poussière
afin de réaliser un tapis...
Ces liaisons, ces accouplements en font automatiquement des objets
erronés. C’est la rectification du monde civilisé
sans secousse politique, mais par une opération purement domestique
et archaïque.
L’artiste cultive l’erreur et le paradoxe, il trouble notre
opinion de manière à faire des objets éthiques
et subversifs, des objets socio-logiques d’une évidence
socio-politique. Il s’approprie et analyse des éléments
du réel et y déloge la normalité, il accorde ces
éléments entre eux de manière contradictoire jusqu’à
créer des objets mi-barbares, mi-civilisés pour exprimer
l’idée que l’harmonie n’est pas de se protéger
du conflit.